Rupture Conventionnelle Évaluer ma situation →
Le guide complet · Mis à jour 2026

Rupture
conventionnelle

Tout ce que tu dois savoir pour partir avec le chômage, tes indemnités, et sans urgence financière.

500 000 ruptures signées
chaque année en France
98 % des dossiers déposés
homologués par la DREETS
47 j du 1er entretien
à la fin du contrat (minimum)
Évaluer ma situation

Quiz gratuit · 15 secondes

01 · Définition

Qu'est-ce que la rupture conventionnelle ?

Art.
L1237‑11
Code du travail
en vigueur depuis 2008

La rupture conventionnelle est un mode de rupture du contrat de travail à durée indéterminée (CDI) prévu par le Code du travail depuis la loi du 25 juin 2008. Elle repose sur un accord mutuel entre l'employeur et le salarié : ni démission, ni licenciement.

Ce qu'elle garantit au salarié, contrairement à la démission :

Ce que la RC t'apporte :
· Une indemnité de rupture au moins égale au minimum légal
· L'accès à l'allocation chômage (ARE) dès la fin du contrat
· Une sortie sans urgence financière, avec le temps de choisir la suite
· Aucune obligation de justifier ton départ

La convention doit être signée par les deux parties, puis homologuée par la DREETS (Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités). C'est cette homologation qui rend la rupture opposable et déclenche les droits au chômage.

02 · Éligibilité

Qui peut en bénéficier ?

La rupture conventionnelle est réservée aux salariés en CDI dans le secteur privé. Elle n'est pas disponible pour les CDD, les contrats d'apprentissage, ni pour les agents de la fonction publique titulaires.

Tu es éligible si : tu es en CDI dans le secteur privé, y compris en période de préavis suite à un licenciement en cours, sous réserve d'accord mutuel.

Cas particuliers : un salarié en arrêt maladie, en congé maternité, ou faisant l'objet d'une procédure disciplinaire peut tout à fait signer une RC, à condition que la convention ne soit pas utilisée pour contourner les garanties légales attachées à ces situations.

Il n'existe aucune condition d'ancienneté minimale pour demander une rupture conventionnelle. Un salarié ayant six mois d'ancienneté est aussi éligible qu'un cadre senior de quinze ans. L'ancienneté influe uniquement sur le montant de l'indemnité.

03 · Calcul de l'indemnité

Combien peux-tu toucher ?

L'indemnité spécifique de rupture conventionnelle ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement. Son calcul repose sur le salaire brut de référence et l'ancienneté :

Formule légale (minimum) :
· ¼ de mois de salaire brut par année d'ancienneté pour les 10 premières années
· ⅓ de mois de salaire brut par année au-delà de 10 ans

Le salaire de référence est le plus favorable entre la moyenne des 12 derniers mois et la moyenne des 3 derniers mois.

Ces exemples illustrent l'écart réel entre une démission et une rupture conventionnelle :

Profil Indemnité plancher RC
SMIC · 2 ans d'ancienneté ≈ 900 €
2 000 € net · 5 ans ≈ 2 900 €
2 000 € net · 10 ans ≈ 5 800 €
3 500 € net · 15 ans ≈ 16 600 €

Ces montants s'entendent en brut, avant prélèvements sociaux. L'indemnité de RC est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite de 2 fois le PASS annuel.

04 · La procédure

Les étapes, dans l'ordre

La loi encadre précisément la procédure. Du premier entretien à la fin effective du contrat, il s'écoule au minimum 47 jours calendaires.

1
Demande et premier entretien

L'initiative peut venir du salarié ou de l'employeur. La loi impose au moins un entretien, au cours duquel les deux parties discutent librement des conditions de la rupture. Le salarié peut se faire assister.

Aucun délai légal imposé pour l'entretien
2
Signature de la convention

L'employeur et le salarié signent le formulaire CERFA. La convention fixe la date de rupture envisagée et le montant de l'indemnité (ne peut être inférieure au minimum légal).

3
Délai de rétractation

Les deux parties disposent de 15 jours calendaires pour se rétracter, sans motif. Le délai court à compter du lendemain de la signature.

15 jours
4
Homologation par la DREETS

La convention est transmise à la DREETS, qui dispose de 15 jours ouvrables pour l'homologuer ou la refuser. En l'absence de réponse, la convention est réputée homologuée. 98 % des dossiers sont validés.

15 jours ouvrables
5
Fin du contrat et droits

Le contrat prend fin à la date convenue (au minimum le lendemain de l'homologation). Le salarié perçoit son indemnité et peut s'inscrire à France Travail pour bénéficier de l'allocation chômage.

05 · Le vrai obstacle

Pourquoi ton patron peut refuser, et ce qui se passe vraiment

La DREETS homologue 98 % des dossiers qu'elle reçoit. L'obstacle n'est donc presque jamais administratif. Il est humain : ton employeur doit accepter de signer.

Or il n'y est pas obligé. La loi ne contraint pas un employeur à donner suite à une demande de rupture conventionnelle. Et il a, dans la quasi-totalité des cas, un intérêt financier direct à refuser.

Les techniques de refus que les employeurs utilisent sont connues, rodées, et efficaces parce que le salarié ne les voit pas venir. Elles n'ont rien d'improvisé : elles suivent une logique économique simple. Chaque semaine supplémentaire sans signature coûte zéro à l'employeur, et rapproche le salarié d'une démission qui lui coûtera tout.

C'est cette asymétrie d'information, et non la loi ni vos arguments, qui explique la majorité des refus.

La méthode de l'autre côté de la table

Franck V. a dirigé 80 salariés pendant 12 ans et en a refusé la quasi-totalité. Il a mis par écrit ce qu'il savait, et les contre-mesures exactes pour chaque situation.

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